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Hommage à Guillemette ROULETTE

 

Hommage à Guillemette ROULETTE

                                 

HOMMAGE GUILLEMETTE ROULETTE

 

 Guillemette,

  

Nous te savions affaiblie, mais les quelques moments que nous avons passés avec toi Le 7 septembre dernier  au point de rencontre de l’Huma ne nous laissaient pas entrevoir la nouvelle qui nous a tous bouleversés. Comme a ton habitude, particulièrement discrète sur tout ce qui te concernait,  tu nous avais même rassurés nous disant que tu te sentais mieux , que tu avais même commencé à reprendre du poids. Mais voilà , malgré le courage qui te caractérisait la maladie a eu raison de toi. Il va  falloir .nous résoudre à ne plus te voir, ne plus te croiser dans les rues de notre ville et plus particulièrement dans ce quartier  de Centre Sud à qui tu vas beaucoup manquer, comme vont nous manquer ta pugnacité, ton abnégation, tes coups de colère mais surtout ton engagement inlassable contre les injustices,  pour la défense comme la conquête de nouveaux droits , pour la solidarité et la Paix ;

C’est au début des années 1970, au moment de la création de l’autoroute A3, de l’arrivée du métro et  des grandes transformations  urbaines de notre ville que tu viens habiter ce quartier qui restera le tien jusqu’à ton dernier jour. De parisienne que tu étais tu deviens rapidement une Bagnoletaise. Il faut dire qu’il y  avait beaucoup à faire dans ce nouveau quartier. Très vite tu t’impliques dans le centre Social et Culturel de «  La Fosse aux Fraises » dont tu assureras d’ailleurs tout un temps la présidence. Le centre de quartier foisonne alors d’initiatives : accueil des jeunes, des anciens, cours d’alphabétisation, permanences d’assistantes sociales, sorties familiales, le conservatoire de danse va même jusqu’à décentraliser des cours dans le quartier. Tu ne t’éloigneras d’ailleurs jamais du centre t’impliquant fortement dans le dossier de sa rénovation et de la création du café des familles.

Mais guillemette c’était plus que cela, les habitants de son quartier le savent bien. Aucune injustice, aucune souffrance ne la laissait indifférente. En permanence en éveil sur les problèmes qui pouvaient surgir, elle était toujours là pour écouter mais surtout pour agir.  Les locataires de Logirep ont encore mémoire comment elle construisit avec eux l’action victorieuse contre leur  bailleur quand celui-ci voulu leur imposer le surloyer maximum dès la mise en place de la loi qui l’instituait alors que rien ne lui  en faisait obligation. Militante de la  C.N.L. elle demeurait en permanence attentive à tout ce qui pouvait mettre en cause la qualité de vie des locataires.

Guillemette était une militante communiste Elle fut de tous les combats émancipateurs du siècle  qui s’est achevé : Pour les droits des femmes, pour les droits sociaux et cette dernière décennie les attaques incessantes contre le droit à la retraite à 60 ans  et l’allongement de la durée des cotisations la révoltaient, comme l’ont révolté les guerres coloniales et amplifié les actions  de solidarité internationale

C’est aussi au  quotidien qu’elle faisait vivre les valeurs de son engagement communiste.,  Les habitants  de son quartier le savaient bien, qui n’hésitait pas à venir lui parler de leur problème chaque samedi au « point de rencontre de l’Huma » où ils savaient la trouver.  La  diffusion de l’Humanité son journal, créé par Jean Jaurès et pour lequel elle se battait, parce qu’elle mesurait l’importance de son existence dans un moment où la bataille idéologique fait rage pour tenter de nous imposer la résignation.

 

Résignée, Guillemette ne l’était pas. Aux côtés des anciens combattants, elle fut à l’initiative de la création «   du club de la mémoire » pour que se perpétue auprès des jeunes générations  non seulement le souvenir de celles et ceux qui payèrent de leur vie le combat pour la liberté, mais surtout pour que les valeurs universelles issues du conflit le plus meurtrier d’Europe deviennent une réalité quotidienne pour tous. Un mur du quartier porte témoignage de cet engagement ; la Fresque intitulée « RESISTANCE » réalisée à son initiative par les habitants  de centrer sud.

 

 Le dernier de ses engagements, avec les camarades  de son quartier  fut l’action  contre les trafics de drogue. Guillemette n’acceptait  pas  que son quartier se transforme progressivement en   un des hauts lieu des trafics  qui rendent la vie des habitants de plus en plus insupportable et menace le devenir de notre jeunesse .  Récemment  avec Laurent Jamet, l’élu à la sécurité et une délégation d’habitants   elle était en Préfecture pour exiger les moyens  qui  puisse redonne à ce quartier la tranquillité et la sécurité auquel il a droit.

 Pour les habitants de son quartier, pour sa ville  Guillemette était très exigeante. Parce qu’elle était convaincue que l’on ne fait pas le bonheur des gens sans eux et encore moins contre eux, Guillemette était plus que jamais résolu à vouloir  rassembler , travailler à un projet ambitieux nécessaire à l’avenir de notre ville

 Le meilleur hommage que nous puissions lui rendre c’est  de prendre l’engagement de tout faire pour  réaliser le rêve qui était le sien :  faire de Bagnolet, une ville gérée pour mais surtout avec ses habitants.

.A vous son fils, ses petits enfants, son compagnon nous voulons vous dire combien nous partageons votre peine. Guillemette était et restera pour nous, cette femme humaine, chaleureuse, lucide sur la réalité du monde ;Elle a par son action inlassable  contribué à vouloir le rendre meilleur.

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C
Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents gaullistes…<br />  <br /> 12) : Guillemette Roulette (60 ans).<br /> Je suis arrivée à Bagnolet en 1992, seulement… Je suis venue là parce qu’on démolissait mon immeuble parisien, dans le XIXe. C’était devenu trop cher… Alors je me suis « expatriée » en banlieue. On m’a proposé Bagnolet, que je ne connaissais pas. Je n’avais pas trop le choix, j’ai dit oui. Au début, quand je suis arrivé au quartier Centre-Sud, qu’on appelait Gallieni, à l’époque, ça m’a fait un choc ! C’était pas comme dans mon quartier d’avant, entre Stalingrad et la Villette ; le vieux Paris..<br /> Peu à peu, j’ai pris mes repères. J’ai du me faire aux grandes tours de la rue Sesto-Fiorentino… J’habite au 15ème étage ! Peu à peu, je me suis habituée au quartier. J’ai fini par m’habituer, m’intégrer… Il fallait bien, parce que je ne pourrais plus vivre à Paris. Je n’ai plus les moyens. Peu à peu, je me suis aperçu que la population était similaire à celle de mon ancien quartier parisien, mélangée, populaire. J’ai mes réseaux maintenant… C’est fini Paris, mais n’est pas si loin. Je continue à sortir, à aller au resto, au ciné… Je prends ma retraite, alors j’aurais enfin le temps d’aller voir des expos. Je ne vais pas toucher grand chose, mais je vais me débrouiller... Je n’ai pas peur de la retraite. Je vais continuer à militer, notamment avec l’Association 12/12, de Gilbert Petit, le grapheur, sur le thème de la Résistance, d’hier à aujourd’hui. Je faisais plein de choses avant ; je vais continuer… Ne serait-ce que de m’occuper de mes petits-enfants. J’ai un fils de 40 ans, et trois petits enfants. Deux fillettes et un garçon de cinq ans. Ce sont mes petits bonheurs. Ils sont du côté de Toulouse… Je les vois le plus souvent possible.<br /> Le Parti m’a beaucoup aidée. Je suis devenue communiste en Mai 68… A l’époque, j’étais très anar, révoltée par l’injustice en général, et… étudiante à la Sorbonne. C’est à cette période que je me suis formée politiquement. Mais quand j’ai compris qui étaient vraiment ces petits bourgeois, les fils à papa, je me suis tournée vers les communistes.<br /> Pour ma mère (adoptive) les communistes avaient encore le couteau entre les dents… Moi, ça me convenait. J’ai approfondi mes relations, j’ai lu des livres… Elle m’a déshéritée quand elle a appris que j’étais devenue communiste. Elle m’a convoquée à un thé, avec des amies, qui m’ont fait la leçon et montrée du doigt. Ça n’a servi à rien parc que je suis toujours militante communiste… Je suis pour et avec les gens, le peuple, qui doit toujours être au centre… J’ai toujours essayé de faire des choses en rapport avec la population. Et de créer les conditions pour tirer les gens vers le haut.<br /> Des liens se sont créés grâce aux batailles que j’ai mené avec mes nouveaux amis, il y a trente, quarante ans… Très vite, par exemple, je me suis mobilisée avec des camarades dans les Tours Logirep. On nous a annoncé qu’on allait augmenter nos loyers… On ne s’est pas laissé faire. Je milite aussi à la CNL (pour le logement), pour le droit des femmes ; tout en soutenant « Paille et Grains », l’association de Moussa Coulibaly… J’aime bien m’investir, agir… La société  est dure en ce moment. C’est d’une violence rare, je trouve… On ne peut pas rester les bras croisés, sans rien faire. Il faut résister. Se battre. De manière réfléchie et calculée. Ne surtout pas rester inerte. Ne serait-ce que dans sa rue, son quartier, son boulot…<br /> Ce qui m’a plu à Bagnolet, c’est que c’est une ville riche du point de vue culturel : que ce soit la sculpture, la peinture, la danse, la musique, etc…<br /> Je suis restée 23 ans à l’ANECR (Association Nationale des Elus Communistes Républicains), où j’ai passé de bons moments. Ce qui va me manquer, c’est la relation que j’avais avec les élus, au niveau national. Mais j’ai eu plein d’autres métiers avant. Je voulais être éducatrice mais ma mère ne voulait pas que je travaille avec les « voyous », dixit… Elle m’a collée dans une école d’esthéticienne ! Elle était stricte, ma mère. Elle était enseignante, directrice d’école, et gaulliste… C’est ma mère adoptive. J’ai perdu mes parents à deux ans et demi… La maison de mes parents a explosé. Mon père avait récupéré de la poudre des bombes – c’était à la campagne, dans la Mayenne – de l’époque de la guerre, et boum ! Il a fait sauter tout le monde… Ce jour-là, j’étais sur le pas de la porte. J’ai été valdinguée par le souffle de l’explosion pendant que ma mère, enceinte, était avec ma petite sœur dans la cuisine. J’ai perdu la mémoire pendant deux ans. Et on m’a adoptée. On m’a toujours dit que je devrais écrire mon histoire. J’ai été très malheureuse quand j’étais orpheline. On ne me donnait rien… J’étais mal habillée. J’allais piquer des patates à cochons dans la ferme d’à côté pour bouffer. Quand ma nouvelle mère est venue me chercher, je ne savais pas ce qu’était une tartine de confiture…<br /> Ce qui me plait à Bagnolet c’est que chaque quartier a sa particularité. C’est un tout mais j’aime bien Centre-Sud. J’aime aussi particulièrement les rues de la Fraternité et de l’Egalité, aux Coutures… ça sent le vieux quartier, c’est chargé d’Histoire. Les gens y créent des liens plus facilement, on dirait. C’est important de créer des liens. Ça permet de nous raccrocher en cas de difficultés. D’être solidaire… C’est pour ça que je continue de militer à la CNL, parce que le logement social est très attaqué.<br /> Il a bien fallu construire. Même pour ceux qui veulent, et peuvent, accéder à la propriété… Il faut vivre avec son temps. Arrêtons de parler de « village » ! Bagnolet est une petite ville de banlieue, ça n’a rien à voir avec un village… Il y a de plus en plus de parisiens qui viennent sur Bagnolet. Les pavillons sont rénovés. Ce sont des maisons bourgeoises… Avec les fameux « bobos ». A Bagnolet, il y a les anciens, des prolos, des familles d’immigrés traditionnelles (de différentes régions du monde (Italie, Espagne, Portugal, ex-Yougoslavie, Maghreb, Afrique, Antilles, etc). On voit arriver une nouvelle immigration (Chinois, de l’Est, etc…). Le seul point commun avec la campagne, ce sont les « bobos ». Mais où sont les poules !!?? La ville se transforme… comme une ville de banlieue, proche de Paris, au XXIe siècle, tout simplement.<br />  <br /> Le seul reproche qu’on peut faire, peut-être, c’est qu’il n’y a pas de centre-ville et c’est un puzzle de quartiers. On est en train de changer ça, je crois… Mon quartier, Centre-Sud, par exemple, est tout petit, en superficie, mais il a de grandes tours, en hauteur, et des petits pavillons, c’est très diversifié. Les jeunes, Gallieni ils appellent ça le « Centre des Affaires ». Bon, on ne vas pas faire sauter les tours, hein ?! Malgré tout, il y a une vie de quartier. Il se passe des choses…
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H
Ayant rencontrer guillemette quelques fois car nouveaux locataires a logirep j ai été toucher de son écoute et de son côté humain toujours la a nous aider sa disparition m a peiner.toutes mes condoléances a sa famille c était une femme simple sincère toujours la pour aider son prochains et qui ne supportait pas l injustice . De l endroit ou elle est je sais qu elle veille sur nous.je ne vous oublierai jamais Guillemette!!!!
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